Nuits et merveilles

La magie de la nuit : Textes, poèmes, photos...

21 mai 2006

Richard ou La nuit de Léo Ferré

Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous, avec des problèmes d'homme
simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors on boit un verre en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...

Richard, ça va ?

Nous avons eu nos nuits comme ça moi et moi
Accoudés à ce bar devant la bière allemande
Quand je nous y revois des fois je me demande
Si les copains de ce temps-là vivaient parfois

Richard, ça va ?

Si ls copains cassaient leur âme à tant presser
Le citron de la nuit dans les brumes pernod
Si les filles prenaient le temps de dire un mot
A cette nuit qui les prenait qui les berçait

Richard, ça va ?

A cette nuit comme une soeur de charité
Longue robe traînant sous leur pas de bravade
Caressant de l'ourlet les pâles camarades
Qui venaient pour causer de rien ou d'amitié

Nous avons eu nos nuits...

Richard eh ! Richard !

Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d'une machine à sous, avec des problèmes d'homme
simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors on boit un verre en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l'on se dit qu'il est bien tard...

Richard ! Encore un p'tit pour la route ?
Richard ! Encore un p'tit pour la route ?
Eh M'sieurbRichard ! Encore un p'tit pour la route ?
Allons Richard... Richard... Encore un p'tit !

Léo Ferré

L_o_Ferr__1_Hubert_Grooteclaes

L_o_Ferr_

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06 avril 2006

N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit

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N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,

Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour,
Rager s’enrager contre la mort de la lumière.
Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité,
Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair, ils
N’entrent pas sans violence,
N’entrent pas sans  violence dans cette bonne nuit
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit

Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien
Clairs leurs actes frêles, auraient pu danser en une verte baie
Ragent s’enragent contre la mort de la lumière
Ragent s’enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violents qui prirent et chantèrent le soleil en plein vol
Et apprennent, trop tard, qu’ils l’ont affligé dans sa course
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves près de mourir, qui voient de vue aveuglante
Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores
Et s’égayer
Ragent s’enragent contre la mort de la lumière
Ragent s’enragent contre la mort de la lumière.

Et toi mon père, ici, sur la triste élévation,
Maudis bénis-moi à présent avec tes larmes violentes,
Je t’en prie.
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
N’entre pas, n’entre pas sans violence
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.

Rage, enrage, contre la mort de la lumière

                                                                        Dylan Thomas

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bonne_nuit

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Ce texte a été mis en musique et interprété par Victor Noir.

Pour l'écouter, cliquer >>>>

Posté par Nijenn à 20:00 - Chants de nuit - Commentaires [5] - Permalien [#]

15 novembre 2005

"Ô viens ma nuit d'Espagne"

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Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton coeur s'émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d'Espagne !
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d'ici battre notre campagne.

Le ciel peut s'éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l'herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l'escalier plus souple qu'un berger,
Plus soutenu par l'air qu'un vol de feuilles mortes.

Ô traverse les murs, s'il le faut marche au bord
Des toits, des océans, couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort
.

Jean Genet - Le condamné à mort (extrait) Ed. Gallimard - dédié à Maurice Pilorge

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Pieter Pietersen

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Ce texte a été mis en musique par Hélène Martin . Marc Ogeret en a créé l'interprétation dans un superbe album dédié à Jean Genet. Etienne Daho en a fait une très belle reprise. Dès que je saurai comment mettre de la musique sur le site, je l'ajouterai à ce message.

Cliquer sur la première photo pour l'agrandir
2éme photo : Pieter¨Pietersen contrat creative commons

Posté par Nijenn à 12:16 - Chants de nuit - Commentaires [4] - Permalien [#]
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